Dépression de l'adulte

De Ariane
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Le résultat de consultation

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Voici les critères d'inclusion, et l'argumentaire de ce résultat de consultation.

Annonce du diagnostic de dépression

Lorsque le diagnostic d’épisode dépressif est évoqué par le médecin, il n’est pas toujours confirmé en une seule consultation. Un temps supplémentaire est souvent nécessaire, surtout quand le médecin évoque ce diagnostic chez un patient qu’il ne connaît pas, ou bien qu’il suit depuis peu de temps. Les critères proposés par le DSM V ou la CIM 10 peuvent aider le médecin généraliste à confirmer le diagnostic d’épisode dépressif caractérisé. Se pose ensuite la question de l’annonce du diagnostic au patient. Moment particulier auquel sont peu formés les jeunes médecins qui ressentent un inconfort à gérer cet instant de la consultation, avec la sensation que le manque d’expérience se fait plus incommodant que dans d’autres circonstances. L’objectif de ce paragraphe peut être de donner des repères avant d’annoncer le diagnostic de dépression. Il peut également (surtout !) servir d’outil pour réfléchir dans les suites d’une annonce réalisée : les éléments suivants auraient-ils pu aider ou faciliter ce moment de consultation ? De manière à ce que chaque expérience soit une source potentielle d’amélioration de nos compétences…

ELEMENTS À PRENDRE EN COMPTE AVANT L’ANNONCE

  • Chaque annonce est adaptée au patient et nécessite en conséquence un minimum de connaissances sur l’histoire de vie du patient : Quelle est sa situation familiale, quelle est sa situation professionnelle ? Quels sont ces ATCD personnels somatiques et psychiatriques, ainsi que ceux de sa famille ?
  • Il est indispensable de connaitre les croyances et les représentations du patient dans ce contexte de maladie psychiatrique : Que signifie pour le patient le mot « dépression », connait-il des proches qui souffrent d’une pathologie qui s’en rapproche?
  • Quel est la relation médecin-patient actuelle ? Un médecin remplaçant est-il aussi bien placé que le médecin traitant pour annoncer ce diagnostic ? Est-ce un patient connu de longue date ? Y a-t-il des conflits entre le patient et le médecin, des points de vue différents ? une ambivalence dans la relation ?...
  • Quelle place le médecin souhaite prendre dans le suivi de la maladie et quelle position lui convient le mieux ? Il y a plusieurs d’options possibles pour le médecin qui annonce le diagnostic. Il peut faire le choix d’adresser le patient à un confrère (spécialiste ou non), de prescrire un traitement pharmacologique et d’adresser pour une psychothérapie, ou bien de prendre en charge le patient entièrement. Chaque médecin doit être le plus à l’aise possible avec la prise en charge qu’il propose en fonction de ses compétences et de l’offre de soin locale.


L’ANNONCE

  • La disponibilité du médecin lors de l’annonce du diagnostic de dépression est importante. Si cela est possible, couper le téléphone permet d’éviter d’être interrompu pendant la consultation. Lorsque la consultation a lieu sur RDV, il est souvent nécessaire de bloquer le créneau suivant de manière à disposer d’un peu plus de temps.
  • C’est plus confortable pour le patient lorsque le médecin s’adapte à sa manière de parler, ainsi que son niveau d’expression et de compréhension. Certaines formations professionnelles proposent aux médecins d’apprendre (ou de se perfectionner) à se synchroniser avec le patient (sur le plan verbal, non verbal, para-verbal, etc.).
  • Le médecin pourra mettre en application sa capacité d’écoute du patient, si possible d’écoute active (avec reformulations) permet de rendre la consultation encore plus productive. Le patient a souvent besoin d’aide pour mettre des mots sur son ressenti ou poser les questions qui le préoccupent. Les silences qui surviennent pendant la consultation doivent être respectés par le médecin.
  • Pendant l’annonce du diagnostic, le médecin doit être capable d’évaluer la réceptivité du patient. Il est parfois nécessaire de refaire formuler au patient ce qu’il a compris, pour comprendre ce que ça signifie pour lui. Si le patient présente un déni (partiel ou non) du diagnostic, il n’y a pas d’intérêt à convaincre le patient du diagnostic. Ce moyen de défense doit être respecté par le médecin, et certaines thérapeutiques peuvent être mises en place sans nécessiter d’acceptation du diagnostic. En particulier les mesures d’accompagnement (psychothérapie, …)
  • L’annonce de la maladie doit contenir une proposition de projet thérapeutique. Quelque soit la ou les thérapeutiques proposées, elles seront adaptées en fonction des préférences du patient.
  • Les explications que le médecin donne sur la dépression dépendent beaucoup de ses représentations personnelles. Les différents points de vue doivent être cohérents avec la thérapeutique proposée.
  • Le guide du ministère de la santé et de l’INPES propose le point de vue suivant : la dépression résulte d’un ensemble de mécanismes différents, dont tous ne sont pas encore connus. Trois facteurs jouent un rôle important:
    • sur le plan biologique, le fonctionnement du cerveau est perturbé, et certains transmetteurs chimiques sont déséquilibrés. Les antidépresseurs ont pour objectif de rééquilibrer ces transmetteurs pour permettre un fonctionnement du cerveau plus habituel.
    • Sur le plan psychologique, certains mécanismes de défense, certains styles de comportements, certains épisodes de vie actuels ou passés peuvent participer à un sentiment de mauvaise estime de soi. La psychothérapie travaille sur ces mécanismes.
    • Sur le plan environnemental, certains événements de vie très perturbants, une exposition prolongée ou excessive au stress, etc.. peuvent favoriser l’apparition d’une dépression.


SUITE DE L’ANNONCE

  • Il est très préférable qu’un rendez-vous soit fixé rapidement suite à l’annonce diagnostique. Cela représente un soutien pour le patient. Cela permet aussi de reprendre certains éléments que le médecin ou le patient trouvent nécessaires d’approfondir.
  • Dans la suite de la prise en charge, le médecin peut aider le patient à partager l’annonce du diagnostic. La plupart des patients rencontrent une difficulté pour discuter de leur santé psychique, que ce soit avec leur famille ou sur leur lieu de travail. Même si le secret médical protège les patients sur le plan professionnel, ils envisagent souvent d’en parler, redoutent les rumeurs, les réactions de leurs collègues. Le médecin peut aider le patient à décider à qui en parler, pourquoi, comment le dire.
  • Rassurer les patients sur le secret médical. Même si le médecin suit plusieurs membres de la famille, les informations qui concernent chacun restent protégées et ne seront pas transmises aux autres membres de la famille.


BIBLIOGRAPHIE

  1. HAS février 2014 : Annonce et accompagnement du diagnostic d’un patient ayant une maladie chronique
  2. HAS mai 2014 : Episode dépressif caractérisé de l’adulte : prise en charge en premier recours
  3. Guide du ministère de la santé et de l’INPES : la dépression, en savoir plus pour s’en sortir. 2007

Les « échelles » dans le diagnostic et le suivi de la dépression

Le risque suicidaire

Chaque année, en France, près de 10 500 personnes décèdent par suicide. Source.
Le médecin généraliste qui prend en charge un adulte souffrant de dépression a toujours le risque suicidaire à l'esprit et son rôle sur ce sujet est triple :

  1. Identifier les facteurs de risque de suicide, personnels et familiaux, parfaitement décrits dans la littérature : Source 1 - Source 2
  2. Evaluer le risque que le patient qu'il a devant lui passe à l'acte
  3. Prendre les mesures adéquates pour minimiser ce risque au maximum, notamment en hospitalisant ou en adressant le patient en consultation spécialisée.

La gestion du risque suicidaire sera facilitée par :

  • la saisie, dans le dossier médical, des antécédents personnels et familiaux de maladie psyschiatrique (dépression, suicide), les conduites addictives.
  • la recherche, par l'interrogatoire, d'idées suicidaires ou d'idées de mort exprimées par le patient, et notamment l'existence d'un plan défini de tentative de suicide élaboré par le patient. Poser ces questions est essentiel, et, contrairement aux idées reçues, ne sera jamais un élément facilitant le passage à l'acte.

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Prise en charge non médicamenteuse

Bien choisir les traitements médicamenteux

Resources pour les patients

Une vidéo de l'OMS explique ce qu'est la dépression, le vécu du malade et comment s'en sortir (en anglais - sous-titres français) :