Rhinopharyngite-rhume

De Ariane
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Le résultat de consultation

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Voici les critères d'inclusion, et l'argumentaire de ce résultat de consultation.

Epidémiologie

La rhino-pharyngite est une pathologie bénigne, fréquemment observée et prise en charge en médecine générale.
L'Observatoire de la Médecine Générale de la SFMG relève que chaque médecin généraliste prend en charge en moyenne, chaque année, 165 patients pour rhinopharyngite, ce qui représente, pour cette seule pathologie, toujours en moyenne, 209 actes annuels.

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  • complications
  • Durée des épisodes.

Patients à risque

  • Nourrissons
  • Immunodéprimés
  • insuffisants respiratoires

Plan de soins

  • identifier les facteurs de risque
  • identifier les signes de gravité
  • quand explorer, solliciter un avis spécialisé, voire hospitaliser ?
    • complication
    • récidive
  • quand réévaluer ?
  • éducation thérapeutique du patient et de sa famille

Anthropologie

Identifier les craintes, les attentes, et les représentations des patients sur la maladie pour une approche « centrée patient »

  • les craintes liées à la fièvre (convulsions, déshydratation…)
  • les craintes de complication (peur que maladie retombe sur les bronches, entraîne une otite ou une pneumonie)
  • Prescrire un traitement fort (voire de cheval) pour guérir plus vite et retourner plus rapidement au travail ou chez la nourrice, pour raccourcir la durée de la contagiosité

Prescriptions non pharmacologiques

1. EXPLIQUER

Les mots clés à donner : « inflammation des voies aériennes supérieures c’est-à-dire du nez et de la gorge » « causé par plusieurs virus » « durée moyenne de 10 jours » « écoulement qui change de couleur : souvent clair, transparent au début puis jaunâtre et verdâtre. » Les aides dont nous disposons pour y parvenir : - Un lien à consulter avec le patient en consultation ou à lui donner :

2. RASSURER

Les mots clés à donner : « maladie fréquente et bénigne » « spontanément favorable » « traitement à visée symptomatique »

3. CONSEILLER

«  Comment faire pour aller mieux ? »

  • Le mouchage régulier : il est important de se moucher régulièrement dans des mouchoirs en papier ou en tissus afin de ne pas irriter la peau autour du nez.
  • Le lavage du nez avec du sérum physiologique permet de dégager les voies aériennes.
  • Le mouchage avec le mouche bébé chez l’enfant
  • L’hydratation régulière : il est nécessaire de s’hydrater régulièrement et en petites quantités lorsque l’on présente une rhino-pharyngite. Cela permet notamment de soulager la toux.
  • L’aération de la chambre est quotidienne et la température de la pièce doit être de 18-20°.
  • Le miel : le miel seul ou associé à du lait permet naturellement de soulager l’inflammation des voies aériennes.

«  Que faire si vous n’allez pas mieux ? » Si les éléments suivants sont présents, il convient de revoir votre médecin traitant :

  • Fièvre persistant plus de 3 jours
  • Nouveau symptôme : diarrhée, vomissement, enfant abattu, somnolent
  • Amélioration insuffisante des symptômes initiaux au bout de 8 jours

« Comment protéger les autres ? » La rhinopharyngite est une maladie contagieuse. Pour éviter de la transmettre il faut respecter les règles d’hygiène habituelle :

  • Se laver les mains régulièrement
  • Tousser dans le creux du coude ou dans un mouchoir en papier qu’il convient de jeter ensuite

Les aides dont nous disposons pour y parvenir :

    • Les affiches dans la salle d’attente : l’INPES dispose d’un catalogue d’affiche, de brochures que chaque médecin peut se procurer à l’adresse suivante
    • Les vidéos à voir en consultation ou à la maison : le mouchage de bébé
    • Les maquettes de conseils et surveillance à insérer dans l’ordonnance. Avec le logiciel métier, il est possible de créer, modifier des maquettes que nous pouvons insérer dans une ordonnance. Pourquoi ne pas en réaliser une pour la surveillance de la rhinopharyngite ?
    • Et pour les patients les plus cartésiens, pourquoi ne pas leur donner le [de la cochrane expliquant l’intérêt du miel]

Prescriptions pharmacologiques

Prescriptions pharmacologiques

  1. 1. LES ANTIBIOTIQUES !

Ils n’ont montré aucune efficacité, ni sur la durée des symptômes ni pour la prévention des complications. Il faut donc résister ! D’autant plus que leurs effets secondaires ne sont pas négligeables et que l'antibiorésistance devient un réel probeème de santé publique. L’évolution naturelle de la rhinorrhée vers un aspect jaunâtre ou verdâtre (dite « purulente » alors qu’elle ne contient pas de pus !) ne doit pas être un argument pour une antibiothérapie car elle n’est pas signe d’une infection bactérienne. La fièvre n’est pas, elle non plus, signe d’infection bactérienne. Les antibiotiques sont donc réservés aux complications de la rhinopharyngite : l’otite chez le jeune enfant (fréquente dès le 3e ou 4e jour d’évolution), et la sinusite (beaucoup plus rare) qui doivent donc être guettées attentivement.

  1. 2. LES VASOCONSTRICTEURS

Ils sont disponibles sous forme orale (disponibles sans ordonnance) ou nasale (sous prescription médicale). Ils peuvent être prescrits lorsque les symptômes sont très inconfortables, à partir de l’âge de 15 ans, pour une durée maximale de 5 jours. Ils sont contre-indiqués en cas d’HTA, et en cas d’antécédent d’AVC, d’insuffisance coronarienne et de convulsion. Il faut être attentifs à l’automédication des formes orales qui contre-indiquent la prescription d’une forme nasale car deux de ces médicaments, même administrés par des voies différentes est déconseillé, du fait de la dangerosité potentielle et de son inutilité.

  1. 3. LE PARACETAMOL

Clairement indiqué pour le confort des patients à tout âge, en rappelant au patient qu’une fièvre initiale est tout à fait normale et montre que « les défenses immunitaires sont en marche », ce qui n’est pas toxique pour l’enfant. Cette dernière ne nécessite pas de paracétamol de manière systématique si elle est bien tolérée. Le paracétamol doit donc être réservé au confort, dans le respect des doses bien-sûr.

  1. 4.LES AINS ET LES CORTICOIDES

Ne sont aucunement indiqués dans la rhino-pharyngite

  1. 5. LES INHALATIONS

Les inhalations d’huiles essentielles sont autorisées à partir de 12 ans, en l’absence d’ATCD de convulsions. Certaines études ont constaté un effet bénéfique sur les symptômes, sans réduction du leur durée. D’autres sont contradictoires et concluent que cet effet d’existe pas. Il n’existe pas à ce jour de preuve solide qui encourage les inhalations dans la rhino-pharyngite. Il n'a pas été retrouvé, dans la littérature, d'effets secondaires attribués à ces traitements.

  1. 6. LES ANTITUSSIFS

Contre indiqués avant l’âge de 2 ans ils peuvent être prescrits principalement en cas de toux sèche « irritative ». Les métanalyses de la Cochrane attestent pourtant qu’aucun médicament n’a pu montrer une efficacité dans la toux de l’enfant. Seul le miel (autorisé à partir d’un an) semble démontrer une modeste efficacité. Une fiche conseil éditée par la revue Médecine et enfance peut aider à gérer l’attente forte des parents d’un traitement efficace de la toux qui perturbe le sommeil de leurs enfants et donc le leur…


BIBLIOGRAPHIE Antibiothérapie par voie générale en pratique courante dans les infections respiratoires hautes de l’adulte et de l’enfant SPLIF 2011 Mise au point sur la prise en charge de la fièvre de l'enfant. ANSM Rappel sur le bon usage des médicaments vasoconstricteurs utilisés dans le rhume. ANSM Air chaud humidifié dans le traitement du rhume banal. Cochrane Synthèse des présentations de la journée Médecine et enfance-MG 2014


Comment ne pas prescrire ?

En général, c’est la peur qui conduit le patient à exiger du médecin des prescriptions médicamenteuses. Il convient donc d’essayer de faire équipe avec le patient pour qu’ensemble, on parvienne à éviter les prescriptions inutiles voire inadaptées. Pour cela, une approche simple, en 6 points, est à tenter :

  1. Accepter le patient tel qu’il est, partir de ses attentes et de ses besoins (empathie)
  2. Amener le patient à formuler ses peurs, ses craintes, ses croyances par rapport à sa maladie (écoute)
  3. Trouver le plus petit dénominateur commun avec le patient, c’est-à-dire les points d’accord minimal entre le patient et le soignant (alliance)
  4. Évoquer des alternatives et les présenter comme une solution possible (recherche collaborative)
  5. Revoir le patient si besoin, proposer un suivi rapproché (soutien)
  6. Chaque fois que possible, souligner l’issue positive de l’absence de prescription (renforcement)

Les outils

  • Fiche d'information à destination des patients (cf. fiche de la revue Prescrire)
  • Fiche d'information patients d'ameli.fr : Voir là

Pour les patients

  • Tout savoir sur la rhino-pharyngite  : site de la CNAMTS
  • Le nettoyage de nez en vidéo :

Auteurs

  • Michel ARNOULD
  • Pascale ARNOULD
  • Serge BOUHANA
  • Camille BIDEAU
  • Cécilia BILLIOU
  • Bertrand STUDER